BIENVENUE DANS LE MONDE DU MANGAS

BIENVENUE DANS LE MONDE DU MANGAS
INTRODUCTION
MANGAS: 9 art fait partie intégrante de la culture nippone, ce que l’on appelle ici BD est appelé manga. Ce marché de 5 milliard de francs français (762245086.18 euros) par ans et permettent que par mis les 10 plus gros revenu du JAPON on observe 6 dessinateurs de manga.


DEFINITION
"Manga" est l'accolement de deux caractères chinois : "man", qui signifie "dessin, tableau, esquisse" et "ga", "rapide, comique, simple". La définition la plus courante est "image dérisoire". Il ne faut cependant pas entendre "dérisoire" comme un synonyme de "ridicule, minime, insignifiant", ainsi que beaucoup de personnes ont tendance à le croire, mais comme ce qui va droit au but et que tout le monde peut comprendre. En effet, le Japonais met environ vingt minutes pour lire un volume de 320 pages, le temps du trajet en métro de son domicile à son lieu de travail. Le prix est également dérisoire, tout comme le papier sur lequel les séries sont imprimées car au Pays du Soleil levant, aussitôt lu, aussitôt jeté.
Le sens concret de cette image est d'aller droit au but afin d'être comprise par tout le monde. Cette valeur accessible place donc les mangas au premier rang de l'imagerie populaire. Son synonyme anglo-saxon est le cartoon. Le terme est devenu polysémique au fil du temps pour finalement englober la bande-dessinée, les caricatures de presse et les dessins animés.
Les jeux vidéo, le cinéma, la radio et les CD assurent la longévité des mangas imprimés, lus par le public. Le terme de " mangaka " définit l'auteur de mangas, en tant que scénariste ou animateur. Au Japon, toute image dessinée est un manga et peut s'adresser aux hommes et aux femmes aussi bien qu'à leurs parents ou à leurs enfants. Dans cette optique les mangas ne se résume pas à des combats sauvages et futuristes soit-disant réservés à la gente masculine...

DaTeS
1814 - première apparition du terme (Hokusaï manga) signé Katsuhika Hokusaï
1862 - Parution de "The Japan Punch", mélange de BD et articles satiriques.
1914 - 1er magazine illustré pour la jeunesse (éditeur Kôdansha)
1923 - 1ère apparition dans une BD des phylactères (Shô-Chan Nô Bôken)
1932 - Fondation de la 1ère association des auteurs de mangas (aujourd'hui 600 membres).
1947 - La Nouvelle île au Trésor, de Tezuka.
1955 - Naissance des Kashibon manga (30.000 librairies spécialisées). Et prolifération des BD pour adultes.
1957 - Nouvelle forme de BD d'aventures réalistes : le gekiga.
1970 - Trop de sexe, trop de violence : des commissions de protection de la jeunesse intentent des procès contre les mangas.
1975 - Goldorak envahit les TV du monde entier.
1982 - Akira, de Katsuhiro Otomo. Premier hit manga.
1997 - Princesse Mononoke devient le plus grand hit du cinéma au Japon.
1999 - Nombreux longs métrages mangas sur grand écran.





# Posté le lundi 30 juin 2003 08:45

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HISTOIRE
Avant même le Moyen-Age, il existait un genre pictural où s'associaient codes graphiques et codes textuels. De façon plus précise, les paysans, alors à peine lettrés, portaient sur eux des carnets de voyages qu'ils gardaient toute leur vie et qui étaient essentiellement composés de dessins. Les livres du XVIème et au XVIIème siècle ont subi les influences bouddhistes des chinois et les oeuvres illustraient surtout des superstitions et connaissances ésotériques liées à l'astrologie et à la démonologie. Les origines du manga ont une trace - graphique et spirituelle - dans trois outils picturaux issus de trois époques différentes :
Du XVIIème au XIXème siècle, avec les Ukiyohe, estampes qui ont inspiré Gustave Klimt, Henri Toulouse-Lautrec et Vincent Van Gogh. Ce terme bouddhique renvoie à la nature éphémère de la vie. Jusqu'au XVIIIème siècle, son sens véhiculait surtout l'image d'un monde transitoire, ou de misère. A partir d'Edo, l'éphémère est appliqué au plaisir et à l'érotisme et les Ukiyohe deviennent des oeuvres divertissantes et accessibles. Les artistes répondaient à une demande populaire tout en la poussant vers l'avenir.
Au XIème siècle, les Tobayohe, dessins d'un genre satirique, ont été crées par le moine Toba Sojo. Ces représentations mettaient en scène des animaux regroupés dans des actions ou des attitudes humaines, à la manière des fables de La Fontaine.
Au XIIème siècle, les chinois ont introduit les Emakimono, manuscrits faits de textes et de dessins. Ces rouleaux de peinture narrative décrivaient des scènes de société à vocation socio-historique et leur découpage était quasi cinématographique. Leur longueur était telle que le spectateur ne pouvait en découvrir le récit dans son ensemble et ne s'attachait alors qu'au présent, notion fondamentale dans la relation au temps chez les japonais.

AU PAYS DU SOLEIL LEVANT
Au Japon, le mangas passent en tête des lectures. Non que les autres imprimés soient dénigrés, au contraire. Les japonais sont de grands lecteurs et 93% d'entre eux achètent un quotidien par jour ; 52% au moins un hebdomadaire par semaine. Non seulement ils lisent énormément, mais plus encore, ils lisent vite : 20 minutes en moyenne pour 320 pages, soit moins de 15 secondes par page.
Le manga offre un tel choix de sujets que sa fonction dépasse le simple plaisir de lire. Son atout majeur est de savoir communiquer aisément sans support textuel trop lourd, caractéristique qui le rend par définition exportable à travers l'universalité du dessin. De plus, la simplicité des structures narratives des récits accentuent cette facilité.
Les jeunes générations ont donc développé une aptitude à lire très vite, sans pour autant faire d'impasse sur les détails. Les films d'animation ne découlent plus automatiquement du manga imprimé et ces films prennent autant d'ampleur que la lecture. Au Japon, les hommes passent en moyenne plus de trois heures par jour devant leur écran, et les femmes, cinq heures.
Pour revenir à l'impact des films d'animation au Japon, il est largement entretenu par ses produits dérivés et notamment par les jeux vidéos. 80% des japonais possèdent une console de jeux à domicile et sont très attentifs aux nouveautés en tout genre. Cet intérêt porté à la modernité, dont les mangas ne sont que le miroir, les poussent à rêver autour de l'univers fermé de l'animation. Car comme dans tout exercice artistique, les candidats dépassent largement le nombre de reçus. La ville de Tokyo organise deux fois par mois, une convention autour du manga. Les nombreux visiteurs, très matinaux, aspirent le plus souvent à être mangaka et sont de véritables passionnés du genre.
Chacun se déguise comme son héros favori et espère que sa prestation sera suffisamment remarquée pour être photographiée, et ainsi faire la couverture d'un magazine spécialisé. En dehors de ce concours, l'exposition est un véritable lieu de foire où se nouent des échanges entre indépendants et créateurs avertis. Toutes les grandes villes ouvrent leur porte aux mangas car la nouvelle génération y nourrit des rêves et des ambitions sincères. Entre les futurs mangakas - qui sont souvent engagés dans les studios ou rédactions dès leur plus jeune âge - et ceux qui aspirent à faire des doublages, le Japon répond à ces désirs avec la certitude d'être gagnant. D'autant plus que les japonais se prêtent à tout type de jeux avec beaucoup de plaisir et d'aisance. Les manifestations sur les mangas sont autant de cohésions nationales que de réussites financières...

# Posté le lundi 30 juin 2003 09:03

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EN OCCIDENT
C'est en 1978 que débarque sur les écrans télévisés belges et français le dessin animé Goldorak, le désormais mythique robot plébiscité par les enfants, honni par les parents. Goldorak a plus fait pour élargir le fossé des générations que le rock, la BD et mai 68 réunis.
Ainsi débuta " l'invasion " dans notre paysage télévisuel de séries aussi diverses les unes des autres et qui visent un public tout aussi diversifié. Pour les footballeurs acharnés, il y a entre autres L'école des champions, pour les romantiques Max et compagnie, pour les demoiselles mièvres Juliette je t'aime…
Des parents effrayés par la violence dans certaines séries se sont plaint et des commissions de psychologues ont été créées pour épurer ces séries. La longueur d'un épisode est donc passée de vingt minutes à environ dix-sept minutes. Et cela continue encore de nos jours avec la désormais célébrissime série Pokémon puisque TF1 n'en a pas diffusé certains épisodes, sur conseils de leur groupe de psys. En 1992, la série Ken le survivant, une des séries les plus violentes diffusées sur nos écrans à des heures où même des enfants en bas âges ont eu accès, a suscité en France l'indignation générale des parents après tout de même une centaine d'épisodes. La série a alors été supprimée. En 1996, la série Dragon Ball Z, sur décision du C.S.A., a également subi le même sort. Elle avait déjà été arrêtée auparavant, puis rediffusée. Il y eût le même cas en Belgique quand la chaîne Club RTL s'est vue obligée d'interrompre la série. Maintenant, les épisodes qui ne sont jamais passés à la télévision, à savoir la fin de la bataille contre Boubou (Boo dans la version originale) sont disponibles en cassettes vidéo.
L'année 1989 a vu l'arrivée dans les librairies de la bande dessinée Akira, éditée chez Glénat. Les premiers numéros n'ont pas eu un franc succès, mais persévérante, la maison d'édition a réussi le tour de force d'en faire une série-culte. Depuis lors, ce même éditeur publie une trentaine de séries et plus de 30% de son chiffre d'affaires est dû à ces seules séries.
Parallèlement à tout cela, des produits dérivés ont envahi les boutiques où, aux heures de gloire des mangas télévisés, les étalages se vidaient en un instant. Mais quand l'émission Club Dorothé a disparu des écrans, certains magasins belges ont ressenti une baisse considérable dans leurs ventes de produits dérivés des séries qui y étaient diffusées. Cependant, les bandes dessinées connaissent un succès croissant, surtout celles qui avaient été en leur temps programmées au Club Dorothé.
Le public concerné par le manga n'est pas véritablement celui de la bande dessinée européenne va des premières années de l'enfance aux adolescents, et même aux adultes de 30-35 ans, c'est-à-dire cette génération qui a été adolescente à l'époque de Candy et Goldorak et qui prend encore plaisir à découvrir des séries d'un genre que l'on a trop vite catégorisé " Pour enfants uniquement ".
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# Posté le lundi 30 juin 2003 09:23

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INSPIRATION
Héros et expressions sociales.
Si les mangas puisent dans une réalité terrienne, ils ne peuvent échapper aux symptômes nés de leurs coutumes sociales. Le Japon porte dans son histoire les caractéristiques des héros d'aujourd'hui. Entre le XVIIème et la fin du XIXème siècle, la période d'Edo véhiculait certaines règles morales très strictes destinées à rendre la masse populaire gouvernable. Nous avons nous-même subi de telles influences à travers le christianisme et l'application de son pouvoir. Durant cette époque, le Japon a expulsé le christianisme pour s'enfermer sur des moeurs qui lui étaient propres.
Les cinq codes moraux - bienveillance, justice, sens de la propriété, sagesse et honnêteté - étaient diffusés dans la société par les samourais et la religion faisait cohésion avec l'Etat. Ces vertus d'obéissance, de loyauté, la prégnance des liensfiliaux, sont autant d'indices des valeurs japonaises perçues aussi bien dans la réalité que dans la fiction. Le Bushido, ou code de l'honneur des guerriers, est aussi très présent dans la culture nipponne. Depuis l'Edo, l'enseignement visait à nier l'utilité de l'existence individualiste pour éviter toute démarche jugée dangereuse pour la communauté. Un être était défini par son appartenance à un groupe qui obéissait à un modèle social imposé.
C'est pourquoi les héros de mangas ont souvent appartenu à un cadre clairement délimité avant d'être des solitaires à tendances rebelles à l'image de Ryô Saeba, alias Nicky Larson, genre de détective un peu gauche sous sa libido surdimensionnée, mais habile face au danger. Ce personnage séduisant reste d'ailleurs l'un des plus apprécié, tant au Japon qu'en France. Mais les valeurs collectives ont continué leur ronde à travers des unions de forces que l'on retrouve dans Bioman, par exemple.
Elles ont été appliquées à toutes les classes sociales, notamment à travers l'éducation. Le système scolaire japonais a été une source de stress insatiable, figé dans une forte tradition compétitive. De nombreux mangas mettent d'ailleurs en scène des enfants jugés faibles par leurs camarades et humiliés par ces-derniers.
D'autre part, les films d'animation exposant des technologies très perfectionnées sont symboliques de cette quête liée au dépassement humain. Dans la même logique, les héros de mangas se sont largement humanisés et expérimentent autant leurs faiblesses que leurs forces. Un équilibre délicat que l'animation japonaise parvient à maitriser à travers l'imaginaire et la poésie.
le succès des mangas est tel que le commerce ne peut échapper à cette vague sonnante et trébuchante. A ce titre, le Japon n'a rien à envier au merchandising des Etats-Unis. Tout objet de culte, des temples aux mangas, est prétexte à faire des affaires et les lieux concernés sont bordés de boutiques, d'objets et de souvenirs en tout genre. Chaque sortie de film est encadrée par une déferlante de produits dérivés toujours plus convoités.

# Posté le lundi 30 juin 2003 09:27

fin

CONCLUSION

Revenons au problème de départ. Qu'est ce qu'un manga ?. Les gens ne sont pas assez informés pour se forger une idée claire et réfléchie sur le manga. Les amalgames douteux que les Européens et, en particulier, les Français ont commis, nous ferment les portes à une culture énorme. Nous l'avons vu, il y du bon et du mauvais dans les manga, mais le bon côté ne vaut-il pas qu'on s'intéresse à lui ?
Un jour les manga seront peut-être un moyen de communication entre les classes sociales, comme au Japon. Les éditeurs se frottent les mains en prévisions des bénéfices qu'ils pourront facilement tirer de ce marché immense. Les manga sont devenus un phénomène en Europe. Ce mode d'expression a connu un véritable boom depuis 1993. Mais si ses partisans sont de plus en plus nombreux, il en va de même pour ses détracteurs.
Le problème de l'introduction des manga sur notre marché est essentiellement social. L'idée d'associer l'enfance et les manga est la source de tous les maux. Dès lors on peu se demander si la réorganisation du réseau de distribution, comme cela a déjà été fait suite à la crise de 95, ne serait pas la seule solution pour redorer le blason des manga. En réorientant l'entièreté du public sur de nouvelles bases, les manga pour adultes ne perturberaient plus les enfants et vice-versa. Les adultes seraient d'autant plus intéressé par ce nouveau type de production et pourraient l'approcher sans les préjugés négatifs qu'ils avaient auparavant.[%b%]

# Posté le lundi 30 juin 2003 09:34